Un an dans la vie d'une auteure indépendante

Un an dans la vie d'une auteure indépendante

Tous les auteurs passent par là. Un nouveau monde, un rêve au bout, se lancer dans l'inconnu...

Lors de la première année (et les suivantes?), chaque auteur(e) explore une large palette d'émotions.

Vera Seret revient sur la sienne et ne cache rien de tout ce qu'elle a pu éprouver.

 

Une année avec une auteure indépendante.

En 7 moments clé...

 

1* Auteure, moi ?

    

31 juillet 2015.

Je viens de taper la dernière phrase de mon roman, mon tout premier.

Je ne le sais pas encore mais l'aventure, la vraie, ne fait que commencer...

 

Avant ces trois années d'immersion littéraire, j'étais scénariste. Pendant 16 ans j'ai géré une société de production de films et studio de casting. J'ai quitté cet univers pour... me perdre d'abord, plus vidée que ce que je croyais. Puis me retrouver. Puis pas à pas plus sereine, souriante, confiante continuer de me (re)connaître, (m')écrire et m'en amuser.

Ces quelques lignes pour très honnêtement vous confier qu'en ce jour d'été, ça n'est pas parce que j'ai écrit un livre, en candidate nulle qui sait, et amatrice libre ça c'est sûr, que je me sens auteure. Encore moins auteure indépendante !

 

Alors je fais comme tout le monde et comme c'est écrit dans ces livres qui décrivent les usages d'un monde que je ne connais pas ou Comment se faire éditer ?

Mon roman fait alors 554 pages.

Je le rerelis et le fais relire par 3 valeureuses lectrices.

Puis je l'envoie à une dizaine de maisons d'édition classiques, pas plus et bien choisies comme il est conseillé. Tout cela oscillant entre totale illégitimité et prétention que mon bouquin les bouleverse, obligé ! La dépréciation chronique comme l'orgueil enthousiaste au ventre, trop fébrile à cette époque pour être portée par d'autres sentiments que ceux-là, purement humains et sans doute nécessaires pour écrire son histoire chaque matin pendant des millénaires et se la raconter suffisamment, suffisamment fière, pour ne pas lâcher l'affaire avant la fin.

 

Puis j'attends... presque un an leurs réponses à tous, en retard, au compte-goutte. Et toutes négatives !

Un an mais pas une seconde de gâchée finalement. Un temps pendant lequel je laisse mon roman décanter, patiente et forcée. Des mois bien remplis à oublier ce dernier petit à petit, occupée ailleurs à consoler mon côté orgueil, à en écouter le petit cœur éconduit qui réalise du coup, assez vite, qu'avant tous les éditeurs et courriers de la Terre, ce dont il a juste envie lui c'est d'écrire.

De transmettre, de toucher, consoler.

Juste l'envie d'aimer.

 

Clé*1 :

Ne cherche pas à être édité, écris !

Avec envie, ton cœur, ta fierté.

Puis prends le temps d'arrêter, vis.

Oublie ton roman, complètement.

Tout seul en toi il finira

de se nourrir, de grandir et se structurer.

De t'inspirer à son tour comme par magie.


 

Mon roman change alors de titre, de rythme et de taille.

Il se renomme A l'instant même où l'on bouge. Trouve son vrai visage, sa photo de couv'. Accélère son histoire, redistribue ses chapitres. Et passe allègrement à 290 pages.

 

365 précieuses journées et poussières de nuits pendant lesquelles je prends également conscience que je ne veux plus faire qu'écrire. Que j'ai besoin de toucher et d'aimer chaque jour mais en chair et sourires aussi. Alors en même temps que mon roman j'en profite pour grandir et me forme à ce que j'ai toujours voulu être sans oser.

Je deviens coach de vie.

 

2* Je n'attends plus, je choisis l'Indépendance.

    

8 juillet 2016.

Je publie mon roman.

Toute seule ou plutôt librement.

Car je ne suis plus seule justement, au contraire !

 

Il faut dire que depuis le début de l'année, mes plus proches me répètent d'arrêter d'attendre. D'y aller. De me moderniser. D'être libre et de m'éditer sans m'en remettre au jugement de quelques uns qui décident pour tout le monde de ce que le monde va lire. De faire comme pour la musique, ou J. K. Rowling tiens, à l'ère d'internet de m'auto-faire connaître et de toucher ma vraie cible. Là, maintenant, tout de suite. Les lecteurs, les seuls pour qui j'écris finalement et auxquels je tiens.

Ils sont malins mes copains, ils me connaissent bien moi et mon cœur qui dans sa dernière ligne droite avant parution oscille fiévreux entre peur d'être ridicule et celle encore pire d'être prétentieux.

Car c'est aussi cela être indépendante. C'est n'avoir plus aucune excuse, aucun éditeur-décideur-alibi qui assume pour vous le choix de faire et de faire paraître ce que vous voulez de votre travail, et de votre vie. C'est décider de porter, montrer, aimer soi-même son projet, son histoire. Et oser, humblement mais sûrement, remplacer le hasard.

 

La Joie, l'Envie de toucher, la Liberté d'agir et d'aimer les lecteurs l'emportent alors haut la main sur mes derniers remparts de peur de déplaire ou de briller.

Sur ce foutu sentiment d'illégitimité.

 

Je me documente sur les nouvelles possibilités d'auto-édition que le monde offre en 2016. Je lis, m'inscris aux newsletters de ces start-up aux services des auteurs. Je surfe, je fouille et bafouille devant mes interlocuteurs au Salon du livre de Paris. Je traine du côté Indé, je m'y promène.

Et déjà le monde de l'Edition Indépendante n'est plus un vide ou dangereux iceberg trop grand, tout froid, inconnu pour moi. Il est habité de gens, de visages grands ouverts, de professionnels de l'Edition prêts à accueillir, imprimer, promouvoir comme je le veux, si je le veux mon petit bouquin.

 

Clé*2 :

Ecoute ta joie, ton talent est dedans !

La légitimité ne vient pas des autres, ni d'un éditeur.

Elle vient de toi, tes valeurs,

de ce pour quoi ou ceux pour qui tu écris

en ton for intérieur.

Là c'est toi l'expert, l'auteur.

Et n'aie pas peur du vide, prends le temps de le visiter.

Il est peuplé de réponses, d'aides, de gens.

 

Je commence par publier la version ebook de mon livre. Et simultanément travaille avec Bookelis sur la version papier de ce dernier afin qu'il soit disponible dans toutes les librairies.

 

Je découvre avec bonheur que mes nouveaux partenaires répondent à mes mails. Et au téléphone si j'appelle ! Qu'ils le font vite et très gentiment en plus de ça. Qu'ils sont pros, carrés, toujours là.

Et mon roman prend forme, son envol et sa place... beaucoup moins timidement que moi. 

 

3* Oser ou ne pas oser me montrer ?

 

Eté-Automne 2016.

Le défilé des émotions dans toutes leurs nuances commence.

 

Car donner vie à un premier roman c'est aussi le porter, l'élever et dans le cortège de ses petits camarades lui permettre d'exister.

C'est le mettre et se mettre en avant.

Oui mais (pas n'importe) comment ?!

Je continue, j'apprends...

 

Et oui parce que être (auteure) indépendante c'est apprendre plein de trucs, tout le temps. C'est devenir un peu, beaucoup ou alors pas du tout (pas de panique d'autres peuvent le faire pour vous) infographiste, webmaster, attachée de presse voire blogueuse de son propre univers. C'est apprendre à se connaître puis se découvrir, à prendre le temps surtout, en ce qui me concerne, de le faire comme on le sent, comme on aime.

 

Heureusement, pour l'étape incontournable de la conception de la couverture, résumé, bio, photos et autres (méta)données de libraires, Bookelis propose de super tutos pour le faire soi-même. En tant qu'ex productrice, j'ai déjà eu à concevoir des affiches et j'aime bien cette étape de travail créative. Et puis ma meilleure amie a Photoshop chez elle et se souvient vaguement comment ça marche. On tâtonne, je chipote, elle m'engueule. On s'amuse quoi !

 

Quant à la construction d'un site web, j'en ai un depuis quelques années déjà. Scénariste devenue indépendante, comme quoi on s'envole, on ne se refait pas, je me suis déjà em... bêtée toute seule à comprendre les tenants et méandres d'un site pour m'en fabriquer un. Je refonds donc ma vitrine en ligne qui comme mon activité a changé durant ces années de chrysalide, très profondément, et crée mon nouveau www.com d'Auteure et de Coach de vie & d'accomplissement.

 

Mais le plus dur reste à faire maintenant.

 

Après la couv' et le site, la com', les posts et leurs clics qui vous like en un pouce, ou pas, n'attendent plus que moi. Sauf que je ne surfe pas bien ni beaucoup sur le fil si rapide, bouillonnant, presque trop vivant du besoin d'exister, d'actes et de présences, déjà plein de l'actualité fabuleuse du monde de chacun. Je me sens bien petite, superflue face aux vies si remplies de mes voisins humains. Je crains de ne rien avoir à offrir, de ne pas savoir les toucher ou bien pire, de paraître arrogante et de les faire marrer.

Plus que d'un fil j'ai besoin d'un lien, d'un truc, d'une raison pour parler de ce que je fais. J'ai besoin d'être sincère et utile si possible, d'apporter quelque chose, que ce soit réciproque. En un mot, si je n'ai rien d'important ni de beau à dire, je préfère fermer ma...

 

Et rester planquée !

Mais pendant ce temps mon livre lui se voit, se lit et séduit.

J'en vends les premières semaines plus d'une cinquantaine, reçois d'émouvants commentaires auxquels je réponds étonnée, bouleversée. A chaque petit mot de lecteur comme légitimée, plus admise, plus auteure.

Je me remplie de cette force qu'ils m'offrent et me force à poster, m'exposer un peu. Je réponds à l'invitation de Bookelis de fêter avec eux et en vidéo la rentrée littéraire. Je monte honorée dans le train bondé et lancé à toute vitesse de Facebook, Twitter, Insta... mais ne m'y sens décidément pas chez moi.

Et puis je suis très occupée à accompagner mes premiers coachés et ça m'arrange bien !

 

Clé*3 :

Ne te montre pas, donne...

ce que tu es, ce que tu as

d'authentique et de singulier.

Poste au monde ce que tu aimerais

y (rece)voir, y lire, y ressentir.

Ce qui te manque peut-être et que toi seul du coup peut offrir.

Prends le risque d'être discret,

le temps de trouver ton style,

et à ton rythme sois vrai.

 

Fin octobre, faute de culot ou d'appartenance, je passe du projet pourtant simple et prévu dès le départ de porter tout haut mon roman à l'évidence que je ne suis pas prête à le vendre. Pas comme ça, parce qu'il faut. Et accepte presque apaisée qu'il ne soit qu'un parmi tant.

Les retours ont beau être beaux, il me manque le ticket, le droit, le truc. Alors c'est mon train que j'arrête et moi que je coache tandis que les ventes de mon livre à la fin de l'automne doucement se reposent.

 

4* Mon petit roman se fait remarquer.

 

8 novembre 2016.

Je dépose mon roman à lire gratuitement sur la plateforme littéraire monBestSeller.

Je n'ai jamais eu en me lançant dans cette aventure pourtant pour moi professionnelle, l'ombre d'une ambition financière. Je suis en train de transformer ma vie, d'installer mon indépendance, je m'autofinance, tout est clair.

Je n'ai donc rien à perdre et même tout plein de lecteurs à gagner, à mes yeux l'essentiel. Et n'attends plus rien si ce n'est de moi oser plus, librement, tendrement aller vers...

 

Alors j'y vais, portée par les mots, émotions et retours de mes quelques mais précieux lecteurs qui font battre mon cœur et ma confiance en moi déjà depuis quatre mois.

Et là...

 

Une heure plus tard, mon roman est chargé par une onde de nouveaux lecteurs.

Un jour plus tard, d'inspirants et profonds commentaires comblent ma page d'auteure en même temps que mon cœur.

Une semaine plus tard, mon roman est élu "le livre le +" du club des lecteurs du site et du mois de décembre.

Dans la foulée, je suis invitée à la soirée de remise du Prix Concours par monBestSeller à laquelle je rencontre en toute simplicité d'autres auteurs, lecteurs et éditeurs renommés venus faire du côté indé leur marché.

Deux mois plus tard, mon roman est à son tour sélectionné au Prix Concours de l'Auteur Indépendant 2017.

Et tandis que la stupéfaction me fige, que mon sourire m'échappe et que tous les mercis de mon corps vers chacun de mes lecteurs se dispersent, mon foutu sentiment d'illégitimité et fidèle compagnon de route un instant se calme puis s'arrête.

 

Clé*4 :

Il n'y a pas de petit pas !

Fais ce qui est facile et concret pour toi.

Qui te permet de vivre ton envie,

de t'entraîner à ton rêve

en toute simplicité, confiance et joie.

Ne cherche pas les regards, toi regarde autour de toi.

Il y a un endroit, une manière, une lumière

qui te correspond et te révèlera.

 

Je réponds avec gratitude aux interviews que monBestSeller à la gentillesse de m'accorder. Je découvre émue leurs articles ou leurs tweets pleins de détails et de sensibilité. Je les lis, les relaie, grâce à eux je m'entraîne à ne plus me cacher.

Je noue avec certains des auteurs du site des liens de soutien, de conseil, d'amitié.

Et je corresponds avec mes lecteurs chaque jour désormais.

 

Grâce à tous, je gagne en 2017 l'essentiel : la chance et la liberté de faire réellement mon métier. 

 

5* Heureuse d'être auteure.

 

16 septembre 2017.

Je pousse la porte de la librairie des PUF dans le 6ème arrondissement de Paris.

Je me suis m'inscrite, cette fois j'ai osé, à la Pépinière Bookelis spéciale stratégie ou Comment rencontrer ses lecteurs ?, réservée à une dizaine d'auteurs.

Et je suis heureuse d'être là parmi mes semblables, mes copains. Heureuse de me sentir sereine, souriante, confiante vraiment ce samedi matin.

 

Nous sommes accueillis par le sourire et l'immense disponibilité d'Emilie de chez Bookelis que je n'avais connue jusqu'alors que par mail. Puis par des croissants, des cafés bien chauds et des intervenantes plus chaleureuses encore. Des expertes de la communication, du web, du référencement. Des blogueuses et entrepreneuses ayant écouté, créé, partagé elles-mêmes leur talent, leurs idées, leur activité. Des auteures aussi, classiquement éditées et/ou indépendantes, peu importe accomplies car passionnées et auto-autorisées à se promouvoir. A s'offrir.

Des personnes mais professionnelles possédant elles le ticket, le droit, ce truc naturel, normal, nécessaire de faire joyeusement leur travail : écrire des livres.

 

Plus que des découvertes sur comment être présente et référencée, comment faire sa pub, sa couv', son site, semer dans les sillons de Google ses métadonnées, sur comment se dire et se démarquer, ce que j'ai déjà pas mal mis en place et intimement traversé, c'est la validation de mon chemin d'auteure et d'indépendante que j'entends dans leurs parcours parallèles résonner. C'est la confirmation de mes petits pas comme grands doutes, de mon bon sens, ma patience, de mon style. Que tout en soi est humain donc utile. Et que je ne me suis pas si mal pour une première fois démerdée.

 

Clé*5 :

Le Talent c'est d'avoir Envie !

Puis c'est de faire et d'offrir celle-ci.

Et être professionnel c'est respecter ce talent,

ses idées, chaque élan,

c'est écrire jusqu'au bout son roman.

Il n'y a pas d'amateur de l'Envie.

Nous avons tous en nous cette (é)mouvante énergie,

déjà fait quelque chose donc déjà réussi.

 

Je déguste au-delà des paroles les postures d'Elizabeth Sutton fondatrice d'Idboox, de Laure Lapègue créatrice de Book'nseries et de Chris Simon incontournable auteure indé. Chacune nous insuffle, en plus de la liberté et la fierté d'écrire, les moyens concrets de faire notre métier. Et de s'en réjouir. Nous invite avec joie et générosité à parler de nos romans, à partager nos expériences et nos mouvements sur les réseaux sociaux. Nous inspire l'évidence que c'est riche, inspirant pour tout le monde de se rendre visible et vivant. De se montrer et se montrer pro.

 

Je comprends que le talent n'est rien que l'envie de faire, de se le permettre et de transmettre notre petit quelque chose aux autres.

 

6* Les prix et les couleurs.

 

8 décembre 2017.

C'est le grand soir.

Je me rends à la soirée de remise du Prix Concours. J'ai appris un mois plus tôt que je faisais partie, ou plutôt mon roman, des 9 finalistes nominés.

Bref, on est en finale, on est en finale, et on a déjà gagné !

 

Tout pourrait s'arrêter là, maintenant, pour lui et pour moi. Nous sommes allés et même arrivés où nous rêvions (même pas) d'être... vivants, souriants, confiants ou presque ! Singuliers visiblement, touchants je l'espère. Lus comme les autres livres ou parmi d'autres auteurs et heureux de l'être. D'être au cœur de ce que j'aime faire. D'être allés au bout d'une manière puis d'une autre mais toujours la mienne. 

 

Je suis là surtout pour remercier monBestSeller de cette lumière délicate et si vaste qu'ils m'ont offerte. Ces lecteurs qui m'ont confié leurs ressentis et de leurs mots rendu la force, la foi, la vie tout au long de l'année tellement plus facile et jolie. Et puis pour embrasser mes concurrents préférés avec qui je partage le même chemin et le même Champagne, la même bulle de joie d'être là, déjà.

 

Ils sont adorables, même les lauréats de l'année précédente me disent qu'ils ont voté pour moi. Pour mon style atypique, musical, ciselé, et pour mon histoire poignante qui ne peut que gagner.

Moi je pense tout l'inverse. Je crois que mon roman est un peu intense, ou pas trop rigolo, pas assez. Et que si profondément il touche et perle d'humour, il n'est pas pour autant un easy feel good book, au moins dans sa première moitié, et que son sujet comme sa différence justement ne sont pas "marketables", pas faciles d'accès.

Je crains, je crois que... Soit on aime, soit on ne rentre pas.

 

Zut, j'avais raison !

Je ne remporte pas la coupe mais spontanément les éditeurs présents viennent me voir et comme dans un monde à l'envers me demander ma carte. M'encouragent à poursuivre, à écrire. Me disent pour Michel Lafon qu'il m'avait choisie et chez Carnets Nord qu'il souhaiterait me relire...

 

Si on m'avait dit qu'on me dirait ça quand je besognais sur ce premier p... de livre, en jogging et candidate libre sur une table pliante de cuisine, j'aurais souri je crois.

 

Clé*6 :

Ta valeur ne dépend pas de ce qu'on te remet,

mais de ce que tu fais !

On ne perd jamais dans la vie.

Au pire on garde et on reste la pépite que l'on est.

Au mieux on apprend, on s'innove et on s'ouvre...

plus grand et plus éclairé au chapitre d'après.

 

Je repars donc avec le sourire et des cartes moi aussi dans mon sac.

Avec le bonheur d'avoir rencontré en vrai mes copains.

Avec mon style, mon livre et la chance que des éditeurs soient curieux de découvrir le prochain.

 

7* Et maintenant ?...

 

Un grand vide imprévu m'envahit, me prend soudain le cœur et la tête comme un lendemain de fête.

Mon sourire se serre j'avoue. Réalise sans doute que pour être choisie il ne suffit pas de beaucoup plaire, il faut plaire à beaucoup. Se sent seul, démuni, dépassé. Un peu bête surtout de se sentir ainsi, inutile, refusée. Et je ne sais plus quoi faire de ce roman, de ce style, de ces qualités supposées, quoi écrire ou faire de moi tout à coup.

 

Je me tourne alors vers les envies qu'il me reste de retravailler une dernière fois mon texte, tout en me plongeant tranquillement dans l'écriture du suivant. Depuis quelques mois déjà je le rêve, je le note, lui libère dans mon for intérieur de l'espace douillet et du temps.

La coach que je suis réchauffe doucement mais sûrement ses journées de sens, de présences, de plaisir. Celui toujours libre et chaleureux d'écrire, puis de voir ses lecteurs s'émouvoir ou s'écarquiller, simplement ressentir.

 

Je refais de mon vide, de mes doutes et coups de mou le petit tour. Comme pour vérifier qu'il ne me manque rien ni personne, ni envie ni amour.

 

Je me sens légère. Je sais mieux qu'hier, puisqu'être indépendante c'est apprendre tous les jours, que l'aventure continue, recommence et jamais ne s'achève...

 

Clé*7 :

Etre auteur c'est comme le bonheur,

ça n'est pas un but mais une façon de voyager.

Et bonne nouvelle,

ce voyage jalonné de surprises, de rencontres,

de montagnes à franchir ou de vagues à surfer

ne s'arrête jamais !

Qu'il soit long, laborieux, magique ou beau,

il est un raccourci vers toi, vers ta joie d'écrire,

et tu en es à chaque ligne le héros.

 

 

19 décembre 2017.

Je reçois un mail de Renaud Delourme de Carnets Nord qui souhaite connaître mes projets. Savoir si Michel Lafon ne s'est pas déjà positionné.

Et c'est moi qui lis ce message que je n'attendais plus émue autant qu'écarquillée.

 

Nous nous rencontrons juste avant Noël. A nouveau.

J'écoute sagement qu'ils sont intéressés, qu'ils veulent m'éditer, qu'ils me donneront leur réponse définitive en janvier.

J'attendrai sans problème. De la patience et autres souplesses d'indépendante, je suis devenue pro.

 

L'aventure continue, rebondit, qu'est-ce que j'avais dit ?!

En repartant je souris et frissonne sous mon parapluie. Je me dis qu'il m'a fallu 3 ans pour écrire ce roman, puis 2 autres pour le montrer tout haut. Presque 6 ans et des poussières de vie pour me faire ou pour recevoir, à suivre, ce joli cadeau.

 

 

 

Un immense merci à Vera pour sa passionnante histoire si bien racontée et félicitation pour ce beau parcours! La suite au prochain épisode ;)

Posté le 07/02/2018 Home, Portraits d'auteurs 0 1054

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