Témoignages d'auteurs en confinement

Témoignages d'auteurs en confinement

Alors que nous sommes tous confinés depuis presque 2 mois, nous avons demandé à 5 auteurs de nous raconter leur vie en confinement et de nous dire comment cela avait affecté leur écriture. 

Voici les 5 auteurs qui se sont prêtés à l'exercice :


TAMARA BALLIANA

Tamara Balliana

Depuis le succès de son premier roman, The Wedding Girl, publié en autoédition, Tamara Balliana a continué à écrire des comédies romantiques, développant au fil de ses romans un univers léger et contemporain qui séduit ses lectrices.

En 2016 elle sort Love in Provence en autoédition. Il sera ensuite republié par Amazon Publishing sous le label Montlake Romance, et traduit en Espagnol. Depuis, elle a sorti plusieurs autres romans chez Montlake et aux éditions Prisma.

Même si chacun de ses livres peut se lire indépendamment, Tamara aime lier ses personnages. Il est donc courant de recroiser l’un d’entre eux à plusieurs reprises !

Tamara vit près de Nice avec son mari et ses trois filles. Amoureuse du sud de la France, c’est tout naturellement que plusieurs de ses histoires s’y déroulent.


SOPHIE FLOREANI

Sophie Floreani

Sophie Floreani est née en France de parents italiens. Elle baigne dans la culture italienne depuis son enfance. Elle est très attachée à l'Italie et attirée par les environnements étrangers.

Sophie parle neuf langues. Elle a parcouru les cinq continents, vécu dans six pays et connu dix métiers variés tout au long d'un parcours professionnel riche de plus de vingt ans. Elle est cosmopolite et a développé une forte culture de l'adaptation et du changement.

Elle est experte en stratégie du changement et en innovation managériale.

L'écriture de ce premier roman correspond à un nouveau départ dans sa vie.


HAKIM SOUDJAY

Hakim Soudjay

Originaire de Dunkerque, je commence à écrire à l’adolescence sur le quartier populaire dans lequel j’ai grandi.

De ce blog naîtra mon premier livre, Histoires de quartier, lequel suscitera l'intérêt de milliers de lecteurs, partout en France.

Je publie quelques années plus tard mon premier roman. Je prête ma plume à des associations, des entreprises, des artistes, pour des voix-off, des articles ou encore des textes autobiographiques (Heart Boxing Show, Agence pour l’Education par le Sport…) Depuis plusieurs années maintenant, je travaille sur l’écriture de courts et longs métrages.

Tous mes projets sont animés par une même volonté d’écrire ma réalité, celle de mon identité. J’ai à cœur de fédérer, créer du lien et raconter les histoires d’humanité qui tissent nos vies.


SHANNEN MALKA

Shannen Malka

Je suis une grande passionnée de romans historiques, notamment ceux se déroulant au XVIIe et XVIIIe siècle. Cette passion découle sûrement de mes études en Histoire de l'Art. J'ai également eu la chance de travailler au Château de Versailles qui prend une grande place dans mes romans.

Ecrire a toujours été un rêve pour moi. Je n'ai jamais osé me lancer avant de participer à un concours de romans historiques grâce auquel j'ai remporté la 3ème place. C'est avec une grande humilité que je présente mon premier roman, Les Amants Maudits de Versailles, romance historique se déroulant sous le règne de Louis XV. J'espère que celui-ci vous fera remonter le temps et vous fera tomber amoureux des deux personnages principaux. 


EMILIE DE MOT

Emilie De Mot

Arrivée à la trentaine, l'âge de raison, Emilie De Mot se lance dans sa deuxième passion: l'écriture. Après des études pour devenir styliste modéliste elle crée sa propre marque de vêtement pour enfant. Mais cela ne lui suffit pas, c'est alors qu'elle décide d'écrire à nouveau.

Son premier roman a vu le jour en mars 2020. Parce que c'est toi est une romance entres deux jeunes adultes que la vie n'a pas épargnée.
Emilie nous invite, alors, à nous immerger dans une histoire sentimentale, mêlant humour et drame avec délicatesse.

Où en étaient vos projets avant le confinement ?

 

TAMARA : Quand le confinement a débuté, j’étais en train de finir l’écriture d’un livre qui sortira dans quelques mois, et j’étais sur le point de commencer ma comédie de Noël.

J’avais plusieurs salons de prévus au printemps, qui ont tous été annulés.

 

SOPHIE : Je devais repartir en Italie, comme tous les mois. Une grande partie de mon activité se situe là-bas. J’y travaille dans mon expertise première, experte en stratégie de changement et en innovation managériale. Je suis de parents italiens et donc bilingue.

 

HAKIM : Quelques semaines avant le confinement, j’ai repris la promotion de mon roman La Vie continue,  ainsi que la recherche d’un éditeur. En effet, après la publication du livre fin 2017, j’avais quelque peu ralenti le rythme, pour des raisons professionnelles.

Début 2020, j’ai donc pris contact avec les organisateurs de plusieurs salons du livres locaux. Par ailleurs, je devais participer à un concours de pitchs au salon du Livre de Paris. Autant de projections qui sont tombées à l’eau !

En dehors de mes livres, je travaillais sur l’écriture (et la réécriture !) de plusieurs scénarios de courts-métrages, avec et sans production.

Enfin, je prête régulièrement ma plume en tant que ghostwriter, un terme dans lequel j’englobe une variété de services, du conseil en écriture à l’écriture complète du texte demandé. C’est dans ce cadre que je travaillais à la mise en place d’un atelier d’écriture, initié par une association de mon territoire.

Mais tout ça, c’était avant ! (dit-il un brin nostalgique)

 

SHANNEN : Avant le confinement, j’avais deux projets sur le feu. Mon premier roman était en cours de correction pour être publié pendant les vacances d’été, tandis que j’écrivais une autre histoire.

 

EMILIE : J’ai sorti mon premier roman, malheureusement, juste avant le confinement. Donc pour ce qui est de la publicité ça n’a pas été très facile.

Je venais juste de finir mon second roman, qui devait passer en phase de correction.

 

Dans quelles conditions écrivez-vous habituellement ?

 

TAMARAJ’écris principalement le soir étant donné que j’ai un autre travail, et trois enfants. Mais étant à mon compte je me permets parfois d’écrire en journée si l’emploi du temps de mon activité principale me le permet.

 

SOPHIEDevant le Vésuve. Dans la baie de Naples. Sur la plage, dans les cafés, les restaurants, dans les hôtels, sur un banc, sur le bord de mer, essentiellement à Naples. J’y trouve ma plus grande inspiration. Je ressens la ville, les personnes, l’environnement. J’ai besoin « d’être en émotion » pour écrire. Sinon j’écris aussi depuis mon appartement parisien, mais le déclencheur vient majoritairement de l’Italie.

 

HAKIMC’est une bonne question ! J’écris à peu près dans toutes les situations du quotidien. Il m’arrive souvent de gratter quelques mots dans les transports. Je peux écrire au sortir du lit, comme je peux ne rien écrire plusieurs jours durant ! Parfois, je m’installe dans le calme d’une bibliothèque ou du bord de mer.

Néanmoins, il convient de ne pas être tributaire des aléas de l’inspiration et de se contraindre à une écriture régulière, du moins si on veut avancer sur un projet précis. J’ai donc pris l’habitude de m’isoler plusieurs heures chaque jour dans mon bureau, pour écrire. Souvent en journée, même si les premières heures de la nuit sont assurément les plus propices à cet exercice.

 

SHANNEN : La plupart du temps, j’écris après le travail. En effet, lorsque j’ai écrit mon premier roman j’étais encore étudiante et j’écrivais après les cours. J’écris le deuxième juste après le travail. Il est vrai que j’essayais de me tenir à une page d’écriture par jour, mais la fatigue prenait souvent le dessus et j’écrivais surtout le week-end. L’écriture de mes romans n’a pas avancé comme je l’aurais souhaité. Lorsque vous terminez à 19h, il est parfois difficile de vouloir se replonger dans le travail.

 

EMILIE : J’ai seulement un ordinateur fixe donc habituellement je me mets dans mon bureau pour pouvoir travailler tranquillement, et en ayant les enfants à l’école j’ai tout mon temps pour travailler. Un peu de musique en rapport avec ce que j’écris, et une tasse de thé et c’est parti.

Avez-vous mis en place une organisation spécifique pour écrire pendant le confinement ?

 

TAMARAMon travail principal étant presque au point mort, j’ai plus de temps pour écrire, mais je dois aussi caser dans mon emploi du temps l’école à la maison !

J’en profite également pour me consacrer à certaines choses qui tournent autour de mon travail d’écriture comme m’occuper de mon site, des réseaux sociaux, des tâches administratives, etc.

Je suis beaucoup plus organisée pour mon écriture qu’en temps normal. Il est facile de se laisser déborder par tous les à-côtés, du coup je me fixe des objectifs par exemple écrire au moins un chapitre par jour.

Avec d’autres autrices, nous nous retrouvons également en ligne 3 fois par semaine pour des séances d’écriture visio. Nous discutons 15 minutes, puis nous travaillons pendant 45. 3 fois de suite. C’est motivant quand on a tendance à décrocher de son travail de voir que les autres sont concentrées.

 

SOPHIEPas vraiment… À part me forcer à m’habiller comme à l’accoutumée pour ne pas traîner en pyjama toute la journée…

Je ne peux pas écrire si je m’y sens obligée, si les choses sont trop cadrées.

Comme j’écris dans l’émotion, cela peut se comprendre, il me semble.

En revanche, comme j’ai la chance de posséder un balcon à Paris, j’ai beaucoup écrit sur le balcon.

 

HAKIM : Mon organisation est restée quasiment la même, hormis le fait que je n’avais plus de rendez-vous en extérieur. Je laissais sous-entendre plus haut que mes projets avaient été impactés par le confinement. C’est vrai, mais en réalité, cet impact a été plutôt positif !

 

SHANNEN : Avec le confinement, je n’ai pas mis en place une organisation spécifique. Étant en télétravail, je continue mes activités professionnelles. Mais celles-ci sont réduites au strict minimum. Alors, après avoir travaillé un peu, je me plonge généralement dans l’écriture. Contrairement à mon quotidien, je peux écrire pendant des heures et des heures sans m’arrêter.

 

EMILIE : Je n’ai pas vraiment d’organisation spécifique malheureusement car ayant deux enfants, je dois faire en fonction d’eux et de leurs envies pour cette période un peu particulière. Mon mari étant en télétravail dans notre bureau, on essaie de le laisser un maximum tranquille, je me balade donc chez moi avec mon petit cahier et dès que j’ai un instant je note ce qui me passe par la tête.

Puis, lorsqu’ils sont couchés, que la maison est au calme je me plonge à corps perdu dans mes textes.

Avez-vous réussi à écrire ou lire pendant cette période particulière ? Racontez-nous votre quotidien d’auteur dans ce contexte.

 

TAMARALes quinze premiers jours, cela a été très dur d’écrire. Je n’avais pas de motivation. Je crois surtout que le climat anxiogène, exacerbé par la consultation frénétique des chaînes d’info et les réseaux sociaux n’aidait vraiment pas. J’écris de la comédie alors le stress et les mauvaises nouvelles, mine de rien ça n’aide pas à créer des choses drôles.

Il a fallu prendre ses marques également avec les enfants H24 à la maison. J’aime écrire dans le calme… et je n’arrivais plus à écrire le soir quand ils sont couchés.

Puis, finalement peu à peu, une organisation s’est installée. Et maintenant, c’est presque tout le contraire, je me trouve très créative. Je pense que le confinement m’a enlevé une grosse partie de mon stress quotidien. J’ai la chance d’habiter en maison, d’avoir un jardin. Donc le beau temps, l’extérieur, cela nous permet de nous évader un peu. J’ai également plus de temps pour lire, ou regarder des films ou séries (chose que je n’ai jamais le temps de faire). J’en profite aussi pour suivre des formations en ligne ou lire ces fameux livres sur les techniques d’écriture ou de marketing pour auteurs que j’avais achetés, mais jamais ouverts.

Du coup, les projets fleurissent ! L’inspiration est de nouveau au rendez-vous. Et j’ai des projets de livres pour 4 ans au moins !

 

SOPHIEAu début, j’étais complètement bloquée. Si j’avais écrit quoique ce soit, ç’aurait été très noir, déprime assurée. Et ça ne me correspond pas. Et puis, je me suis habituée à « ma vie confinée ». J’ai appelé des connaissances, je me suis davantage connectée sur les réseaux sociaux que d’ordinaire.

Je me suis mise en mouvement.

J’ai répondu spontanément à un concours entre écrivains. J’ai écrit une nouvelle inspirée de l’univers de mon roman « Italienne Sang pour Sang » et je viens d’apprendre avec une immense joie que je fais partie des vainqueurs. Du coup cela m’a incitée à répondre à d’autres demandes d’écrits littéraires.

On m’a sollicité également sur un tout autre sujet et j’ai accepté : je me suis remise à écrire des articles plus spécialisés sur le management qui sont publiés dans la presse et les réseaux professionnels.

 

HAKIM : Si le confinement a pu en différer la concrétisation parfois (tournages, etc), il n’a en rien altéré le processus d’écriture en tant que tel. Il l’a même nourri. D’une part parce que les gens avec qui je travaille sur des projets en commun ont été davantage disponibles. D’autre part, certains ont profité de cette période de transition pour réfléchir au lancement de leurs propres projets, pour lesquels ils ont souvent eu besoin… d’un ghostwriter ! Pour tout cela, la technologie fut plus que jamais notre meilleure alliée (réseaux sociaux, visio-conférence…)

Par ailleurs, j’ai profité de cette période pour m’essayer à de nouvelles choses. J’ai écrit et publié plusieurs nouvelles dans le cadre de concours. J’ai fait une lecture en live sur Instagram de l’une d’entre elles (« LAISSE. MOI. ENTRER. »), une expérience que j’envisage de réitérer après le confinement.          

Enfin, j’ai pu approfondir mes connaissances en narration, par des lectures… sur l’écriture !

 

SHANNEN : Pour l’écriture, je ne m’impose aucune limite ni restriction. Lorsque l’inspiration vient, elle vient. Il faut que j’écrive dans l’heure qui suit si je ne veux pas voir mon idée s’échapper. Je peux écrire pendant des heures contrairement à ma vie quotidienne sans confinement.  En ce qui concerne la lecture, je m’y jette corps et âme. J’ai lu pas moins de 5 livres à plus de 400 pages. C’est un plaisir de ne pas avoir de contraintes. 

 

EMILIE : En ce qui concerne l’écriture je suis assez productive, contrairement à ce que j’aurais pu imaginer. Je viens tout juste de terminer le chapitre dix d’un nouveau roman, j’avance plutôt bien. Dès que j’ai un instant de libre je me consacre à l’écriture et cela me permet d’occulter tout ce qui m’entoure.  

A contrario, pour la lecture, j’ai beaucoup plus de mal. Mon esprit a tendance à s’évader au moindre son. Il suffit d’un petit bruit pour me faire perdre le fil de ma lecture. Je pense que ma tête est remplis de questions, d’angoisses, alors j’ai beaucoup de mal à plonger dans un univers autre que le mien.

Où en sont vos projets à la fin du confinement ?

 

TAMARAMa comédie de Noël avance bien. Je me suis lancée d’ailleurs dans l’écriture d’un autre livre en même temps (normalement je ne travaille qu’un manuscrit à la fois). C’est un projet un peu spécial, car il s’agit d’un quatre mains. C’est très motivant, car avec l’autre autrice nous écrivons chacune un chapitre à tour de rôle. Tous les matins je suis heureuse de découvrir son chapitre, et j’enchaîne avec le mien ensuite.

Finalement, le confinement m’aura permis d’avancer mes projets et vivre mon écriture d’une façon un peu différente.

 

SOPHIEJe suis en train de faire traduire mon roman en italien. Vu le titre, cela paraît logique, mais j’avais du mal à enclencher le mouvement. J’avais commencé à le traduire seule mais je manque de temps (512 pages) ; par ailleurs, il est préférable de se détacher de son œuvre.

Je continuerai à écrire mes articles spécialisés sur le management et le changement.

Je compte écrire un second roman, soit la suite de celui-ci (fortement réclamé par mes lecteurs), soit un autre, sans rapport mais très probablement lié encore à l’Italie.

Et bien sûr, je foncerai à Naples dès que cela me sera possible.

 

HAKIM : Tous les projets que j’ai cités restent d’actualité. Le concours de pitchs va certainement se faire par visio-conférence ; l’atelier d’écriture est quasiment prêt à être lancé ; les courts-métrages attendent d’être financés et / ou tournés.

Concernant l’écriture, elle suit son cours. Je réfléchis, au-delà des lectures en live, à l’enregistrement d’histoires audios. En tant que ghostwriter, je reste en contact étroit avec les personnes que j’ai conseillées ou accompagnées durant ces deux mois. Des contacts qui annoncent de beaux projets, de l’autobiographie d’une figure associative, au lancement d’une marque de vêtements haute en couleur.

Bien entendu, dans la réalité comme dans la fiction, rien n’est certain. Plus que jamais, la Vie continue.

 

SHANNEN : En ce qui concerne mon premier livre, Les Amants Maudits de Versailles, il a finalement été publié pour cette période propice à la lecture et à la détente. Je ne devais le publier que pour les vacances d’été, mais c’est un mal pour un bien. J’ai pu replonger dans mon histoire, corriger et modifier pour le soumettre au public. Concernant mon deuxième roman, j’espère le finir très prochainement. J’en ai écrit les 2/3 en confinement et j’en suis très fière. J’espère également m’atteler à une nouvelle histoire très prochainement.   

 

EMILIE : J’essaie tant bien que mal de mettre en avant mon roman Parce que c’est toi sortie juste avant le confinement, en le mettant disponible au prix de 0€99 pour essayer d’être au même niveau que beaucoup de Maisons d’éditions qui baissent le prix de leur ebooks pendant cette période. 

Mon second roman Une histoire de baleine a été relue et corrigé, il est prêt à être édité.

Et pour finir j’ai un troisième roman en cours d’écriture qui avance plutôt bien.

En résumé, pour moi le confinement a été assez bénéfique en termes d’écriture. Malgré les aléas de la vie familiale, j’arrive à me dégager du temps pour me consacrer à ma passion. Malgré cela, vivement le retour à la normale !

Prenez soin de vous.

Un immense merci aux 5 auteurs pour leur temps ! Allez voir leurs pages/sites/comptes pour découvrir leurs livres !

Posté le 04/05/2020 Home, Portraits d'auteurs 0 1324

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