Quand l'autoédition mène à un contrat d'édition traditionnelle

Quand l'autoédition mène à un contrat d'édition traditionnelle

Mehdi Marion, auteur Bookelis, a connu un parcours que beaucoup peuvent envier. Il nous raconte toutes les étapes franchies.

 

 

Pouvez-vous nous raconter votre parcours d’auteur ?

J’ai toujours écrit depuis le lycée. Des notes, des sketchs, des petits scenarii, des nouvelles. Sans jamais pour autant sauter le pas et me lancer dans l’écriture d’une vraie longue histoire.

J’ai profité de la naissance de ma première fille pour prendre le temps de le faire et savoir si j’en étais capable.

De façon anarchique et complètement non-organisée j’ai couché plusieurs idées, thématiques et développements sur le papier jusqu’à l’obtention d’un nombre conséquent de pages.

L’idée était de ne jamais arriver à la fameuse angoisse de la page blanche, de ne pas m’auto-censurer en explorant tous les nombreux thèmes qui me plaisaient.

Le plus gros du travail pour un novice comme moi a ensuite consisté à trier toute cette masse : définir quels traits de caractères pour quels personnages, quels lieux, quelles intrigues. Un chapitrage a fini par se définir et un scénario s’est articulé autour d’un axe principal.

Par de nombreuses recherches sur internet j’ai essayé de crédibiliser certains passages (géographie des lieux, vérités historiques…). En séparant mon scénario en trois parties j’ai ensuite essayé d’imposer un rythme, un souffle et les tensions que j’apprécie le plus en tant que lecteur.

La troisième et dernière étape a été plus longue en terme de temps mais la plus facile : rédiger et développer les idées de chaque chapitre en phrases, paragraphes, pages…Et surtout les laisser elles même me conduire vers l'intrigue et les révélations.

Je venais d’écrire un livre,  mon premier roman. Il était loin d’être parfait, mais il avait le mérite d’exister. J’étais capable d’écrire un livre. Ce premier roman adulescent tirant plus sur le thriller fantastique a circulé dans un cercle de lecteurs proches mais n’a jamais été édité.

 

Fort de cette expérience je me suis lancé dans une toute autre aventure, à destination d’un public plus large. Un roman de fantasy flibuste dont le héros principal est un jeune garçon d’un douzaine d’année partage son aventure avec trois ami.e.s.

L’histoire étant plutôt dense, une fois le premier tome écrit j’ai décidé de l’envoyer à quelques maisons d’édition pensant avoir des retours et des conseils.

J’ai obtenu quelques (rares) réponses encourageantes et des lettres de refus types mais je me suis heurté au fait de ne pas arriver à trouver une maison d’édition avec une ligne éditoriale correspondant au style particulier de mon histoire.

Les envois postaux ont un coût non négligeable, les maisons d’édition sont nombreuses, les retours non systématiques et l’attente est très longue.

Encouragé par ailleurs par de nombreux retours de béta-lecteurs sur l’histoire, j’ai opté pour l’auto-édition après m’être longuement renseigné. J’ai pensé que ce pourrait être un moyen supplémentaire pour démarcher différemment le lectorat potentiel et les éditeurs.

 

 

En quoi l’autoédition a-t-elle été bénéfique pour vous ?

Dès le départ j’ai vu l’auto-édition plus comme une opportunité de faire connaître et circuler mon histoire plutôt qu’un moyen de vendre de nombreux livres.

J’ai ainsi publié mon livre sous un nom de plume et me suis attaché à le faire savoir à mes proches et moins-proches, sur les réseaux et un peu partout où je pouvais en parler.

Le fait d’avoir un objet livre concret m’a permis de parler de ce que je voulais en faire, à savoir trouver un véritable réseau de distribution, un éditeur.

J’ai pu participer à des salons du livre, des rencontres et signatures avec les lecteurs en librairies. Petit à petit j’ai rencontré d’autres auteur.e.s, des libraires, des éditeurs.

A force d’astuces et de conseils j’ai appris à mieux cibler les salons et les maisons d’édition. Toutes ces rencontres mais surtout les nombreux retours positifs des lecteurs sur l’histoire m’ont encouragé à continuer de démarcher avec le livre.

 

Vous avez fait appel au système de financement participatif pour autoéditer votre livre, pouvez-vous nous raconter comment vous êtes arrivé à cette démarche ?

Pour que l’auto-édition fonctionne il faut pouvoir proposer des livres aux lecteurs lors des rencontres. Il faut également pouvoir laisser un exemplaire (de façon quasi systématique) un certain temps lors des démarches quelles qu’elles soient (salons du livre, libraires…) afin que l’interlocuteur puisse se faire une idée.

Il est donc nécessaire, voire obligatoire de se constituer un stock. Même avec le rabais auteur (que l’on doit pourtant souvent reverser aux libraires, ou organisateurs de certains salons) cela fait vite une petite somme d’acheter quelques dizaines de ses propres ouvrages.

Alors, motivé par le succès d’une de mes vidéos promotionnelles sur les réseaux sociaux et de nombreux soutiens et encouragements (des lecteurs, d’autres auteurs et quelques professionnels) j’ai décidé d’essayer de proposer un financement participatif afin de pouvoir me constituer un stock qui me permettrait de démarcher à nouveaux des salons, libraires et autres maisons d’éditions.

Cette expérience bien que réussie a par contre été un peu traumatisante, il faut vraiment ‘se vendre’ pour tenir la collecte sur la durée.

Personnellement j’ai beaucoup douté de ma démarche et me suis demandé jusqu’au dernier moment si cela en valait la peine.

La collecte a réussi et j’ai pu me constituer un petit stock et financer de nouveaux envois à certains éditeurs mieux ciblés.

Ce que je retiens de l’expérience, au-delà de la somme perçue, c’est le fait d’avoir complètement assumé d’être un auteur, de défendre mon histoire pour qu’elle puisse survivre. De crier de partout que j’écrivais et que je n’étais plus le seul à croire au contenu de l’histoire.

 

Vos livres ont été repérés par une maison d’édition traditionnelle. Comment la rencontre s’est-elle faite ?

A vrai dire je ne sais pas exactement, plusieurs choses ont sans doute joué.

J’ai appris à mieux cibler les lignes éditoriales, j’ai eu de nombreux conseils au fil des salons et rencontres diverses. J’ai rencontré des personnes qui ont cru à ma démarche et au contenu et au style du livre et qui m’ont ‘aiguillé’ dans les demandes. Je me suis livré dans une petite présentation jointe à l’envoi de façon succincte mais sincère.

Peut-être est-ce l’ensemble de tout cela. Peut-être que les quelques vidéos autours du livre ont circulé, à vrai dire je ne sais pas vraiment et n’ai pas encore osé demander.

J’aime surtout à penser que c’est tout simplement l’histoire qui a fait mouche, d’autant qu’en parallèle le livre a obtenu un premier prix Fantasy lors de mon dernier salon du livre en tant qu’auteur auto-publié.

 

 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune auteur ?

Le plus important pour moi est de toujours croire à son histoire, sans se mentir. Etre prêt à se battre pour elle tout en acceptant les critiques pour la faire évoluer en restant sincère envers soi-même et l’idée de départ.

Il faut aussi accepter, même si c’est parfois frustrant, que tous les auteur.e.s n’aient pas le même parcours ni la même façon de faire (certain.e.s écrivent vite, beaucoup, souvent, mieux, moins bien, différemment, ont plus ou moins de contacts, d’argent…).

En ce qui concerne l’auto-édition, j’ai rencontré de nombreux auteurs épanouis avec ce système. Pour ma part cela m’a permis d’atteindre mon objectif et appris énormément de choses sur le monde éditorial, je n’en ai donc aucun regrets bien au contraire.

Ce que j’ai apprécié avec Bookelis c’est la relation simple et sans ambiguïté que j’ai eu à distance (mails et téléphone parfois). Personne ne m’a jamais forcé la main pour quoi que ce soit et j’ai pu bénéficier (au-delà des nombreuses fiches pratiques accessibles sur le site) de conseils adaptés à chacune de mes questions (mise en page, impression, administratif…).

 

Quels sont vos projets pour la suite ?

Mon livre complètement retravaillé avec la maison d’édition doit paraitre au printemps 2019 au Canada et l’été prochain en France.

Je travaille actuellement sur le second tome et j’ai entièrment retravaillé mon premier livre pour lequel je suis actuellement en recherche d’un éditeur.

J’ai d’autres projets, d’autres histoires mais travaillant à côté avec une vie de famille plutôt bien remplie je vais surtout essayer de me focaliser sur la promotion du livre dans un premier temps. J’en profite pour signaler à tous vos lecteurs, lectrices, auteur.e.s et partenaires que je suis preneur de toute visibilité à ce sujet (l’avis est lancé!). Informations et contacts sur ma page auteur facebook : m.marion.auteur.

 

Titre du roman à paraître en 2019:

ARDIAN VULPEA tome 1 : L’île aux Serpents – Insula Şerpilor

Nom de l’auteur : Mehdi Marion

Genre : jeunesse 13ans et plus – Fantastique et aventure

 

Résumé de l’histoire :

Un jeune garçon vient d’apparaître nu à trecerea (le passage), loin de tout ce qu’il a pu connaître.

Sans aucun souvenir ni de son prénom ni de ses parents et encore moins de la douzaine et des poussières d’années vécues avant.

Son monde vient de changer et ne sera jamais plus le même.

Il fait désormais partie des Enfants de l’éclipse, tous âgés de huit à quatorze ans et apparus comme lui un soir où les trois lunes alignées masquent la lumière du Grand Astre, un gigantesque soleil.

Tout comme lui, ils sont retenus sur Insula Şerpilor, l’île aux Serpents, le repaire secret des pirates les plus craints et recherchés de la mer Noire.

Isolés dans un camp d’entraînement, les enfants sont formés par des pirates pour devenir le sang neuf de leur confrérie dirigée par le terrible capitaine Razvan et son second, le colossal Zoltan le Pourpre.

Aidé de ses nouveaux amis, des leçons offertes par un maître en arts martiaux et de son étrange et nouveau sens de l’observation surdéveloppé, le jeune héros va devoir faire face à de nombreuses épreuves.

Les aventures passionnantes, dangereuses et douloureuses qui l’attendent sur ce mystérieux rocher feront de lui une légende.

Posté le 31/12/2018 Home, Portraits d'auteurs 0 80

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