LE MANIFESTE DE LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE EN RDC

ALPHONSE EBAMA

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Présentation du Manifeste de la Démocratie Participative en République Démocratique du Congo Les indépendances africaines des années 1960 ont été préparées dans un contexte de lutte et d'opposition idéologique entre le capitalisme et le communisme. Plusieurs jeunes africains ayant lutté pour rendre ces indépendances effectives étaient gagnées par la pensée marxiste-léniniste. Ils avaient suffisamment compris l'importance des idées dans l'orientation d'une lutte pour l'émancipation...
 
Résumé
Présentation du Manifeste de la Démocratie Participative en République Démocratique du Congo Les indépendances africaines des années 1960 ont été préparées dans un contexte de lutte et d'opposition idéologique entre le capitalisme et le communisme. Plusieurs jeunes africains ayant lutté pour rendre ces indépendances effectives étaient gagnées par la pensée marxiste-léniniste. Ils avaient suffisamment compris l'importance des idées dans l'orientation d'une lutte pour l'émancipation politique, sociale, économique et culturelle. L'indépendance du Congo-Kinshasa est à située dans ce contexte de bouillonnement des idées. Deux Manifestes ont formulé les revendications concernant l'indépendance de ce pays et la forme de République qu'il allait prendre. Il s'agit du Manifeste de la Conscience Africaine (1956) et du Manifeste de l'ABAKO (1956). Dans le premier, une poignée d'étudiants catholiques exprime son approche de l'indépendance du pays. Dans le deuxième, l'Association des Bakongo pour l'unification, la conservation et l'expansion de la langue kikongo (ABAKO) traite de la structure fédéraliste à lui donner. La crise politique consécutive à l'assassinat du premier ministre Lumumba en 1961 et au coup d'État perpétré par Mobutu avec l'aide de ses créateurs extérieurs en 1965 va plonger le pays dans un gouffre sans fond. Depuis plus de cinq décennies, le Congo-Kinshasa, bien qu'ayant des intellectuels de qualité, n'a pas pu produire une pensée critique donnant des grandes orientations pour la mise sur pied d'un contre-pouvoir politique en vue de corriger le déséquilibre dans les rapports de force, hérité de l'État colonial, entre la population et la classe politique qui s'est constituée en Nomenklatura laquelle ne tient qu'à monopoliser le pouvoir et à conserver le statu quo, destructeur des chances de survie et de vie pour la majorité de la population congolaise. Forte de son entretien de la mémoire collective, une poignée de Congolais(es) ajoute un troisième Manifeste aux deux précédents. Elle l'a intitulée: Manifeste de la démocratie participative. Il constitue un document stratégique ayant comme fonction de poser les balises d'une démocratie radicalisée, à même de transformer les masses populaires congolaises en démiurges de leur propre destinée. Toutefois, il ne s'agit pas là d'un ouvrage critique habituel par lequel la population congolaise est appelée, par des réflexions théoriques ou moralisantes ou par des slogans touchant aux émotions, à se soulever de manière quelconque contre toute forme d'oppression et à récupérer leur droit à une vie dans la dignité. Ce Manifeste constitue plutôt un Vademecum pour toute personne congolaise ou étrangère qui voudrait s'engager dans la lutte, devenue universelle, contre les forces, de plus en plus débridées dans le contexte de la mondialisation, qui, en exploitant les ressources de ce monde pour leur propre avantage, ont transformé la société humaine en un espace géré par la loi de la jungle. Le cas analysé dans le Manifeste est le cas du Congo-Kinshasa, certes, mais l'analyse se veut être un modèle pour mener une critique sans complaisance de l'histoire de chaque pays ayant subi les conséquences destructrices du néocolonialisme et des formes modernes de l'impérialisme pour son système d'équilibres sociaux et politiques, son économie et sa culture. Ce n'est qu'à travers une profonde connaissance de l'histoire d'un pays ainsi que des rapports entre les acteurs politiques monopolisant le pouvoir et les désaffranchis de ce pays, à chercher derrière les paravent des constructions narratives mensongères du pouvoir, que des stratégies pour résister aux forces du statu quo et pour humaniser les conditions de vie de la population pourraient être conçues. L'analyse de l'histoire et la situation actuelle du Congo-Kinshasa démontre que la population congolaise n'a jamais pu participer à la gestion du système politique, malgré toute rhétorique sur l'instauration de la démocratie dans ce pays par la tenue des élections, lesquelles dans le pire des cas s'avèrent truquées et dans le meilleur des cas ne permettent qu'un choix entre les différents secteurs de la Nomenklatura. À partir de la conclusion de cette analyse, à savoir que la démocratisation du système politique congolais ne pourrait pas être l'œuvre des forces du statu quo, qui œuvrent pour conserver leur pouvoir en s'attribuant la désignation tantôt de Gouvernement, tantôt d'Opposition tout en formant toujours des parties intégrées dans la Nomenklatura, une stratégie pour le changement des rapports des forces existant en vue de la démocratisation du système politique exige forcément la constitution d'un contre-pouvoir dont la fonction serait de contrebalancer le pouvoir dépourvu des limites de la Nomenklatura. Le contre-pouvoir ne se constitue pas à travers les instruments de la politique politicienne. Il émerge plutôt quand la population a acquis la capacité de s'engager dans des activités économiques rentables et, par là, réellement durables, de s'organiser en groupes de pression capables de défendre leurs intérêts sous les conditions défavorables de la crise politique et économique chronique au Congo-Kinshasa, et de s'imposer comme force redoutable et fonctionnant de manière ordonnée dans l'espace politique. Ainsi, la stratégie offerte par le Manifeste pour instaurer la démocratie participative au Congo-Kinshasa oriente l'action des militants pour cette démocratie vers l'organisation de la population en entrepreneuriat social et privé ainsi que vers la création et la consolidation de la base de reproduction économique de la population. La nature politique de cette action n'est pas évidente, mais elle constitue, pour autant, le préalable indispensable du changement visé à long terme. L'originalité du Manifeste n'est pas de proposer un modèle de démocratie participative. Plu-sieurs auteurs ont déjà abordé ce sujet. Le Manifeste pour la démocratie participative innove dans sa capacité d'interroger l'histoire du pays et de proposer des pistes organisationnelles vers la construction du contre-pouvoir sans lequel aucun modèle de démocratie participative ne pourrait se matérialiser. Il conjugue conscience et connaissance historiques avec une approche inédite des idées concernant l'organisation efficace du contre-pouvoir. Ce Manifeste, par ses auteurs, poursuit un objectif clair: participer en conscience à la renaissance du Congo-Kinshasa. Le lire, le relire, le critiquer; cela pourrait permettre à ses auteurs de le parfaire. Tel est leur souhait.
 
Informations techniques
Date de publication : 26/12/2016
Livre de type : Numérique
Numérique Bookelis

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