Voyez les choses en grand : soyez partout

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Ce guide est disponible au format ebook sous le titre Autoédition : les clés du succès. Il contient les chapitres publiés dans cette rubrique ainsi que 12 astuces pratiques pour professionnaliser votre démarche et maximiser vos chances de succès sans disposer d'un gros budget. Téléchargez-le gratuitement sur la librairie Bookelis ou chez votre libraire en ligne habituel.

Chez les auteurs francophones, il est courant de publier uniquement sur Amazon, via le programme Kindle Direct Publishing (KDP). D’autres se limitent à Kobo ou Apple. Amazon est une librairie incontournable, la plus grande et probablement aussi celle qui accorde le plus d’importance aux auteurs autoédités. Il est clair que tout auteur indépendant doit y être présent, en passant par le KDP, par une plate-forme d’autoédition ou via un distributeur.

Pour autant, se limiter à ce grand libraire (ou à un autre) revient à se priver d’une part considérable du marché.

Si vous vous démenez pour écrire un livre fabuleux et ensuite pour le faire connaître, mais qu’il n’est pas disponible partout, vous perdrez des ventes et, pire que cela, vous perdrez des lecteurs et des fans potentiels. Comme je l’explique dans le chapitre Écrivez un excellent livre puis… un autre !, le moteur principal du succès est le bouche-à-oreille – donc les lecteurs et les fans.

Croyez-vous qu’un lecteur qui possède un iPad et achète tous ses livres chez Apple fera la démarche d’ouvrir un compte chez Amazon ou Kobo juste pour se procurer le vôtre ? Qu’un autre qui vient de s’offrir une liseuse chez Fnac/Kobo la ramènera au magasin sous prétexte qu’il n’a pas trouvé votre livre ? Non ? Alors faites en sorte que votre livre soit référencé sur tous les sites libraires ! Ne prenez pas le risque de tuer dans l’œuf le lancement de votre ouvrage.

Pourquoi les auteurs se limitent-ils à un seul site libraire ? Par facilité, le plus souvent, car commercialiser son livre sur plusieurs librairies demande beaucoup de temps, il faut ouvrir un compte auprès de chacune, lire les consignes, adapter son formatage de texte aux contraintes qui diffèrent de l’une à l’autre, etc. Ensuite, en cas de mise à jour de son texte ou de sa couverture, il faut le renvoyer à chacune, etc. Compte tenu de la complexité de la chose, on peut comprendre qu’un auteur préfère se concentrer sur l’écriture plutôt que passer son temps à référencer son livre de façon globale.

D’autres auteurs se limitent simplement par méconnaissance, ils ne savent pas qu’il est possible de publier leur livre gratuitement sur les autres sites libraires.

Mais aujourd’hui, vous n’avez plus aucune excuse ! La complexité a disparu. Il est facile de convertir gratuitement votre fichier Word aux formats ePub et Mobi, puis de bénéficier de tous les principaux référencements en une seule opération. Il ne vous reste plus qu’à piloter votre publication à partir d’un compte unique.

Pourquoi est-ce si important de multiplier les référencements ?

Aux USA, en 2014, voici les estimations de parts de marché de ventes d’ebooks des principales librairies en ligne, selon l’Institut Nielsen (ebooks neufs uniquement) :

  • Amazon : 60 %
  • Barnes and Noble/Nook : 14 %
  • Apple/iBookStore : 6 %
  • Autres librairies en ligne : 20%.

Conclusion : aux USA, un auteur qui se limite à Amazon se prive de 40 % du marché, presque la moitié.

S’il se limite à Barnes and Noble, une grande chaîne de librairie américaine, il ferme carrément la porte à 86 % du marché. Pas vraiment une bonne idée…

En Allemagne, au 3e trimestre 2014, la part de marché de Tolino (qui commercialise une liseuse et dispose d’une librairie en ligne) a dépassé celle d’Amazon pour l’ebook. Tolino a raflé 45 % de parts de marché contre 39 % pour Amazon Pour un auteur indépendant allemand, il est évident qu’il ne faut pas se limiter à un seul libraire.

Dans les pays francophones, les chiffres sont tenus secrets par les acteurs du marché. Toutefois, des estimations existent. Voici celles dont je dispose, que j’ai recoupées et qui sont plausibles. Je rappelle qu’il s’agit uniquement des ventes de livres numériques :

  • Amazon : 50 %
  • Fnac/Kobo : 20 %
  • Apple/iBookStore : 20 %
  • Autres librairies en ligne : 10%.

Amazon est incontournable, comme je l’ai déjà dit. Mais quelle entreprise au monde pourrait survivre en ne vendant ses produits que chez 50 % des revendeurs, en laissant de côté la moitié du gâteau ? Quel éditeur peut se permettre de dire à 5 lecteurs sur 10 qu’ils ne peuvent pas acheter ses livres ? En autoédition, l’éditeur, c’est vous !

Qui sont les autres sites libraires ? Apple, Fnac, Decitre, Chapitre, Renaud-Bray (Québec), Payot (Suisse), Filigranes (Belgique) pour ne citer que les plus importants. Puis une quantité non négligeable d’autres libraires, notamment les réseaux de libraires indépendants qui se positionnent de façon parfois très dynamique sur l’ebook.

Les boutiques de livres numériques d’Apple (les iBookStores) sont disponibles dans 51 pays pour les livres payants et 155 pays pour les livres gratuits. Une partie de ces pays sont francophones. Il est clair qu’Apple est un revendeur qui ne devrait pas être négligé. Il est d’ailleurs, d’une façon générale, le deuxième plus grand libraire en ligne après Amazon.

En France, il y a la Fnac, que tout le monde connaît. Il y a aussi le groupe Decitre, un acteur plus petit mais dynamique, qui a initié le programme TEA (The Ebook Alternative), une solution de distribution d’ebooks. Ce système a été adopté, non seulement par les librairies Decitre, mais aussi par la chaîne Cultura, par Système U, par Cdiscount et d’autres. Autant de revendeurs à la portée de tous aujourd’hui.

Le marché du livre numérique est loin d’être mature et figé. Il évolue sans cesse et rapidement. Un livre référencé auprès de tous les principaux acteurs de la librairie accédera toujours à la totalité du marché. En revanche, un livre référencé auprès d’un seul libraire, quel qu’il soit, verra ses ventes fluctuer avec les parts de marché du libraire en question.

Amazon est le moteur du succès pour de nombreux ebooks, mais d’autres revendeurs peuvent l’être. De nombreux auteurs américains ont connu le succès via Apple ou Barnes and Noble. Ce succès s’est ensuite répandu par rebond chez les autres revendeurs où le livre a décollé après coup. Multiplier les revendeurs, c’est multiplier les chances de décollage des ventes.

Des lecteurs différents selon les libraires

Nous avons tous nos habitudes et nos goûts propres. Dans le monde physique (par opposition au monde numérique), les clients se regroupent très souvent par catégories. Tel restaurant bénéficie d’une clientèle d’artistes, tel bar est prisé des avocats, tel autre plutôt des chercheurs. Les prix pratiqués ne sont pas le seul critère. Devant des fournisseurs à produits et à prix similaires, des catégories différentes de clients se forment. De nombreux critères entrent en compte : qualité de l’accueil, ambiance, vitesse du service…

En matière de sites Internet, c’est la même chose. Les grands libraires en ligne n’ont pas tous la même typologie de clients. Par exemple, Apple est un champion des livres de Fantasy et de Romance (Roman sentimental). Si vous publiez dans ces genres littéraires, vous devez absolument y être référencé.

Alexandre Levasseur, directeur commercial de la société e-Dantès, connaît bien le sujet. Il explique que chaque libraire a des forces et des faiblesses (voir l’article d’ActuaLitté, février 2015). Amazon, par exemple, est très bien référencé chez les blogueurs. De plus, une grande partie de son trafic vient de Google, contrairement à Apple. Il a constaté, par expérience, que chez Amazon on navigue peu, on a tendance à aller droit au livre désiré, alors que chez Apple on prend plus le temps de consulter les choix proposés dans les tops des ventes.

Cela est vrai pour tous les libraires, les habitudes et comportements des lecteurs y diffèrent.

Si les lecteurs qui ont le plus de chances d’aimer votre livre sont clients de la Fnac et que votre livre n’y figure pas, vous passerez à côté de nombreuses ventes. Et comme les ventes sur un site peuvent booster par rebond les ventes sur un autre, vous pouvez potentiellement passer à côté du succès.

Éviter une position de dépendance

En dehors de l’aspect purement commercial, se limiter à un seul revendeur revient à se placer en position de dépendance vis-à-vis de lui. Imaginez une entreprise qui n’aurait qu’un seul client… sa situation ne serait pas très confortable. Le moindre changement de pratique commerciale de ce client remettrait en cause l’existence même de l’entreprise. En tant qu’auteur indépendant, vous menez votre entreprise d’édition. Si toutes vos ventes proviennent d’une seule librairie, votre activité est fragilisée.

Pour toutes ces raisons, ne vous limitez pas, voyez grand, multipliez vos chances. Que vous passiez en direct auprès de chaque site libraire ou par tout autre moyen, peu importe. L’essentiel est que vos ebooks soient en vente chez tous les libraires majeurs.