Votre stratégie gagnante : numérique ET papier

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Ce guide est disponible au format ebook sous le titre Autoédition : les clés du succès. Il contient les chapitres publiés dans cette rubrique ainsi que 12 astuces pratiques pour professionnaliser votre démarche et maximiser vos chances de succès sans disposer d'un gros budget. Téléchargez-le gratuitement sur la librairie Bookelis ou chez votre libraire en ligne habituel.

L’autoédition est souvent associée au livre numérique dans l’esprit des auteurs, des blogueurs et des médias. Il est vrai que les succès phénoménaux rencontrés en autoédition ont été rendus possibles avant tout par le livre numérique. Ces succès ont tendance à biaiser la perception et à éclipser le livre papier, considéré alors comme un luxe inutile en autoédition, dénué de potentiel et réservé aux seuls éditeurs traditionnels.

Je pense que c’est une erreur. Qu’un auteur vende 50 exemplaires par an ou 50 000, le livre papier constitue un réel intérêt pour lui.

Comment on lance un livre papier à grande échelle

Dans l’absolu, le potentiel de ventes d’ebooks d’un auteur indépendant est supérieur à celui des ventes papier. Pourquoi ? parce que le livre papier nécessite d’être présent chez des centaines de libraires à parution pour avoir une chance de percer à grande échelle. Il doit être visible chez tous les principaux libraires physiques et dispose en outre de peu de temps. Après quelques semaines, à moins d’un décollage rapide des ventes, les libraires retourneront les invendus et mettront une autre nouveauté à la place.

Seuls les grands éditeurs ont les moyens d’effectuer des lancements de ce type. Cela nécessite d’imprimer des milliers d’exemplaires puis de les placer en librairies. Il faut donc convaincre les libraires de les commander, cela se fait parfois à travers les « offices » – les livres sont expédiés « automatiquement » aux libraires à parution – mais le plus souvent cela passe par le démarchage commercial assuré par le diffuseur, qui visite les libraires un par un et leur présente les nouveautés. Les libraires reçoivent alors uniquement les titres commandés.

Le risque financier est réel car les libraires bénéficient d‘une faculté de retour (droit de retour) des livres papier invendus.

Placer 3 000 exemplaires en librairies à grand renfort de publicité, c’est bien. Les vendre c’est une autre histoire. Si par exemple 2000 exemplaires sont finalement vendus sur ces 3000, cela signifie que 1000 exemplaires sont retournés par les libraires. Soit un taux de retour de 33%, ce qui est très courant. L’éditeur doit alors rembourser aux libraires ces 1000 exemplaires. Il doit aussi  payer les frais d’impression de ces invendus (qui ont bel et bien été imprimés) ainsi que son distributeur (qui est souvent rémunéré sur la base des 3 000 exemplaires placés, et non sur la base du solde net de retours)… Le bénéfice de l’éditeur sur les 2000 exemplaires vendus fond comme neige au soleil.

Imaginez maintenant un taux de retour de 50 ou 60% car les lecteurs n’ont pas accroché, le livre a fait un flop. Pour l'éditeur c’est le bouillon assuré. Les pertes peuvent s’avérer lourdes et ce mécanisme en a coulé plus d’un.

En autoédition, même si vous avez des moyens financiers conséquents pour imprimer plusieurs milliers d’exemplaires papier, il vous sera très difficile, voire impossible, de les placer en librairies. Il est très probable que les libraires refuseront de les prendre, estimant que les chances de succès d’un auteur inconnu sont faibles.

Vous vous dites peut-être que les libraires n’ont rien à perdre puisqu’ils peuvent renvoyer les invendus et se faire rembourser ? Dans ce cas quel est leur risque ? En réalité les invendus leur coûtent de l’argent, car un livre qui ne se vend pas a forcément pris la place d’un autre livre qui, lui, aurait pu se vendre… Il y a donc un manque à gagner. Dans l’univers des livres papier, la place est limitée. Une table peut accueillir un certain nombre de livres, ni plus ni moins. On connaît le dicton « Le temps c’est de l’argent », eh bien pour les libraires physiques, la place c’est de l’argent. C’est pourquoi  les grandes chaînes de librairie calculent régulièrement la rentabilité au mètre carré de leurs rayons.

Mieux vaut ne pas compter sur le livre papier pour faire un best-seller.

Quid du livre numérique ?

Avec l’ebook en revanche, cela devient possible. Contrairement au livre papier, votre livre numérique peut très facilement être référencé auprès de tous les principaux libraires numériques. En passant par une plateforme telle que Bookelis ou un distributeur numérique, cela ne vous coutera aucun frais d’accès et vous aurez accès à tous les libraires numériques qui comptent. Votre livre numérique pourra bénéficier d’une disponibilité immédiate et permanente, à un clic des lecteurs.

Bien sûr cela ne garantit pas le succès, les chances restent très faibles de vendre beaucoup et la grande majorité des livres se vendront très peu, en numérique ou sur papier. Mais le point à retenir est qu’avec le  livre numérique votre livre bénéficie des mêmes référencements et de la même disponibilité que les livres des auteurs célèbres ou des grands éditeurs. Vous êtes sur un pied d’égalité avec eux. La place sur le web est illimitée et les retours d’invendus n’existent pas (sauf quelques rares exceptions).

Les best-sellers autoédités qui ont atteint plusieurs dizaines de milliers de ventes ont tous rencontré ce succès sous la forme de livres numériques, ce n’est pas un hasard. Il y a sans doute eu quelques exceptions dans l’histoire de l’autoédition, quelques titres qui ont cartonné au format papier, mais je ne les connais pas. En revanche en numérique, vendre 10 000 exemplaires par an, c’est difficile et rare, mais c’est possible. Chaque année des auteurs indépendants font des best-sellers alors qu’ils sont inconnus du grand public lorsque leur livre paraît.

La locomotive d’un succès à grande échelle pour un auteur indépendant, c’est l’ebook.

Le livre papier est-il donc négligeable, voire inutile, en autoédition ?

Non ! bien au contraire. Ne pas pouvoir faire un lancement à grande échelle, c’est une chose. En conclure que le papier ne présente pas d’intérêt en est une autre !

Le papier représente 96% du marché du livre français en 2013 et 95% en 2014. Comment imaginer qu’une telle part de marché ne vaut pas la peine de s’y intéresser ?

Chaque lecteur a ses goûts et habitudes propres, certains préfèrent l’ebook, de nombreux autres, la majorité, préfèrent le papier. Pour ne pas perdre une vente, il est donc indispensable que votre livre soit aussi disponible au format papier.

Si vous vendez 10 000 exemplaires numériques par an, il est certain que vous pouvez vendre des centaines de livres papier en plus, et il serait bien dommage de vous en priver.

Si vous vendez 100 exemplaires numériques par an, le papier peut tout aussi bien vous apporter des ventes supplémentaires grâce aux possibilités spécifiques de promotion qu’il apporte.

Chez Bookelis nous accompagnons les auteurs vers toutes les possibilités, libre ensuite à chacun de décider.

Multipliez les possibilités avec le livre papier

Il y a beaucoup de choses à faire avec le papier, pour un auteur indépendant ; je connais des auteurs dynamiques qui participent à des salons du livre, organisent des dédicaces chez des libraires et vendent plusieurs centaines d’exemplaires par an.

Les salons du livre

Il n’y a pas que le salon de Paris, de Bruxelles, de Genève ou de Montréal pour faire des dédicaces (d’ailleurs à Paris les ventes sont plutôt faibles, sauf pour les auteurs déjà célèbres). Des centaines de salons régionaux peuvent vous accueillir, étalés sur presque toute l’année (voir à ce sujet les fiches conseil de promotion). Parmi ces salons il en est de très importants qui accueillent des dizaines de milliers de visiteurs. On vend beaucoup plus de livres sur des salons régionaux qu’à Paris, car le public est plus « acheteur » et aussi parce qu’il y a beaucoup moins d’auteurs présents. Au salon de  Mouans-Sartoux (en France, département des Alpes-Maritimes) par exemple, j’ai vu des auteurs inconnus vendre jusqu’à 80 exemplaires dans la journée.

A chacun de fixer le curseur en fonction de son temps disponible : 1 à 3 salons/dédicaces dans l’année si vous avez peu de temps, 7 à 10 si vous en avez plus, etc.

Le record annuel d’un auteur, que je peux attester car j’ai eu accès aux chiffres de ventes, est de… 1600 exemplaires vendus lors de dédicaces en librairies et sur salons ! C’était en 2014. Pas si mal pour se faire connaître et amorcer le bouche à oreille… sans compter le complément de revenu que cela peut représenter.

Certes, tout le monde ne peut pas en faire autant, il faut avoir du temps, la possibilité de se déplacer facilement, être à l’aise pour discuter avec les visiteurs toute la journée... Mais n’importe qui, avec un minimum d’organisation et un budget réduit (la plupart des salons sont d’accès gratuits), peut faire régulièrement des dédicaces et vendre des dizaines de livres.

Dédicaces en librairies

Pour les dédicaces en librairie le principe est le même, il s’agit d’aller rendre visite aux libraires dans un rayon de quelques kilomètres autour de chez soi et leur proposer de dédicacer votre livre (voir les fiches conseil à ce propos, qui expliquent comment procéder). Il y a beaucoup plus de libraires que de salons, il sera donc d’autant plus facile de multiplier les dédicaces. Autant les libraires sont réticents à commander le livre d’un inconnu sur un simple catalogue, autant ils sont très majoritairement accueillant avec les auteurs qui leurs rendent visite et leur proposent une dédicace.

Parmi les auteurs qui commercialisent les deux formats, il est assez courant de vendre plus de livres papier que numériques, notamment grâce aux salons et dédicaces en librairies.

Si votre livre n’existe pas au format papier, faites-le. Cela ne vous coutera pas grand-chose et en suivant nos conseils de promotion vous en tirerez beaucoup de satisfaction. Un univers s’ouvrira à vous.

Si le papier ne représente que 1% de vos ventes, il est probable que vous pouvez faire mieux et que vous n’exploitez pas suffisamment ses possibilités.

Trop d’auteurs indépendants négligent le papier et se focalisent uniquement sur le numérique. Si leur promotion sur le web ne donne pas les résultats escomptés, ils sont parfois désemparés et ne savent plus vraiment quoi faire.

Dans nos pays francophones, la situation est différente des pays anglo-saxons où le numérique a connu une croissance considérable et représente environ un quart des ventes de livres (ce qui signifie que le papier représente encore les trois-quarts, ce qui n’est pas négligeable non plus…).

Le papier domine encore très largement. Prétendre faire de l’autoédition sans format papier revient à ignorer l’immense majorité de vos lecteurs potentiels. 

 

Alors, pensez hybride ! Numérique ET papier.

Jean-Yves Normant,

Fondateur de Bookelis