Mon panier

Expédition 0,00 €
Total 0,00 €

Voir mon panier

En utilisant ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies permettant de vous proposer des contenus et des services adaptés à vos centres d'intérêts.

close

Légendes autour de la promotion

 
 
 

Chaque année, des éditeurs publient des livres d’inconnus qui deviennent des best-sellers. Ils n’ont bénéficié d’aucune publicité particulière par rapport aux autres nouveautés publiés par les éditeurs en question. Ils ont été placés en librairie comme les autres. L’éditeur a fait le travail de promotion habituel : ajout au catalogue, post sur facebook, quelques services de presse à des journalistes, éventuellement une ou deux dédicaces en librairie... c’est à peu près tout, la routine quoi. Mais alors que la plupart ne se sont pas vendus et ont été renvoyés par les libraires après quelques semaines, ceux-là ont vu leurs ventes décoller.

 

Tel éditeur lance une collection de polars traduits de l’anglais. Chaque livre a été sélectionné par le même directeur de collection, avec le même soin. Les couvertures utilisent la même charte graphique, le prix de vente est identique à peu de choses près. Ils sont publiés à intervalles réguliers et bénéficient de la même promotion routinière, par la même équipe. Que se passe-t-il ? Sur 25 titres de cette collection, 20 ne se vendront pas et finiront aux oubliettes, 3 ou 4 connaîtront un succès d’estime (plus de 2000 - 3000 ventes) et 1 sera un best-seller (plus de 10 000  ventes). Evidemment ce ne sont pas des chiffres à prendre au pied de la lettre, il y aura peut-être 2 best-sellers, ou aucun, mais vous avez compris l’idée. Pourquoi ce livre est-il devenu un best-seller et pas les autres ? Personne ne peut répondre, personne ne sait comment ni pourquoi. Il a un petit quelque chose en plus, il a attrapé un je-ne-sais-quoi qui est entré en résonnance chez les lecteurs. Il a aussi bénéficié d’une part de chance que les autres n’ont pas eue. Il y a une part d’injustice dans le succès. Demandez à n’importe quel professionnel du livre, il vous dira la même chose.

 

Quid de l’autoédition ?

En autoédition, c’est pareil. Lisez attentivement les témoignages d’auteurs autoédités à succès qui racontent leur parcours. Vous serez frappé par une chose. On imagine qu’ils ont eu une idée géniale qui leur a permis de faire parler d’eux, qu’ils ont passé un temps fou sur le web à poster des messages, participer à des forums, qu’ils ont été aidés par des amis ou qu’ils ont un cousin spécialiste du marketing qui a passé des nuits blanches à les aider. Mais non ! Rien de tout ça. Tous se recoupent sur le fait qu’ils n’ont pas effectué de marketing exceptionnel. Leur livre a décollé au bout de quelque temps, sans trop savoir pourquoi ni comment. Certes ils ont fait le nécessaire en termes de promo : blog personnel alimenté régulièrement, posts sur les réseaux sociaux, services de presse envoyés à des blogueurs et/ou journalistes, échanges de bons procédés avec d’autres auteurs indépendants, etc... autant de très bonnes et très utiles choses ! Mais à y bien regarder, rien qui sorte du lot. Il en est même – plus rares c’est vrai – qui disent carrément n’avoir fait aucune promo, sinon informer leurs amis de la publication de leur livre.

 

A l’inverse, d’autres auteurs soignent la promotion sur le web, y passent énormément de temps, s’acharnent pendant des jours, des semaines, des mois… et ne réussissent jamais à percer au-delà de quelques dizaines de ventes.

Pour les éditeurs idem, la plupart des livres publiés ne se vendent pas et sont publiés à perte ; s’il n’y a pas un ou deux best-sellers dans l’année, le risque de faillite se profile à l’horizon. Les faillites sont fréquentes dans l’édition, éditeur est un métier très risqué sur le plan financier. Est-ce lié uniquement à la qualité des livres qui serait insuffisante ou en inadéquation avec les attentes du public ? Parfois oui, bien sûr, mais pas toujours. Des éditeurs exigeants, ayant des années de métier et qui font faillite, c’est assez courant… Un exemple parmi tant d’autres : les Editions Ramsay sont fondées en 1976 et revendues 6 ans plus tard, en 1982 ; elles font un best-seller avec La Bicyclette bleue de Régine Deforges fin 1982 avant d’être cédées aux Editions Régine Deforges. Celles-ci font faillite en 1992. La marque Ramsay est alors reprise par les Editions Michel Lafon, jusqu’en… 1998 où elles sont reprises par le groupe Vilo. La vie des éditeurs n’est pas un long fleuve tranquille. Si le succès pouvait se prévoir à coup sûr et se créer à l’aide de puissants lancements promotionnels, on le saurait !

 

Que faut-il en déduire ?

J’en tire deux conclusions intéressantes

 

1) Le succès est impossible à prévoir

 

Cela sonne comme une évidence : on ne peut pas prévoir le succès d’un livre. Pas plus qu’on ne peut prévoir le succès d’un film au cinéma ou que tel acteur deviendra une star internationale alors que tel autre qui joue aussi bien restera cantonné aux seconds rôles. En tant qu’auteur vous aurez beau vous acharner pendant des années, vous ne pourrez pas décider d’avoir du succès (par « succès » j’entends des ventes de plusieurs milliers d’exemplaires). Vous n’avez pas toutes les cartes en main – pas plus qu’un éditeur ne les a – cela ne dépend pas de vous, du moins pas entièrement. Vous aurez beau sortir vos tripes, peaufiner encore et encore votre texte, puis déployer une énergie hors du commun pour vendre vos livres, rien ne garantit que vous réussirez. Un travail acharné est une condition nécessaire mais pas suffisante. Cela ne dépend pas que de votre talent, il y a des centaines d’auteurs talentueux qui ne percent jamais et ne bénéficient tout au plus que d’un succès d’estime. C’est injuste, mais c’est ainsi ! En conséquence, il est très périlleux de miser votre avenir professionnel sur l’écriture. Si vous voulez vivre de votre plume, vous devriez accepter l’idée qu’il est probable que vous ne gagnerez jamais beaucoup d’argent ; vous aurez probablement beaucoup de mal à simplement en tirer un salaire décent. Nul ne peut décider de devenir le Stephen King ou la E.L James de demain.

La bonne nouvelle, c’est que vous pouvez vous libérer d’un gros poids : puisque le succès est imprévisible et ne dépend pas entièrement de vous, faites-vous plaisir, sentez-vous libre d’écrire ce qu’il vous plaît, comme il vous plaît ! N’essayez pas de vous fondre dans un moule d’écriture qui ne vous correspond pas, ne vous demandez pas à chaque page ce qu’il faut faire pour plaire au lecteur. Ecrivez pour vous, parce que vous le devez, parce que vous en avez besoin, parce que vous aimez ça, parce que ça vous fait du bien… écrivez pour toutes les raisons du monde, mais pas pour le succès !

Plus vous l’accepterez pleinement, plus votre rapport à l’écriture et à la publication sera libre, sain et source de plaisir.

 

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : bien sûr qu’il faut travailler dur votre écriture, repasser cent fois votre ouvrage sur le métier. Bien sûr qu’il faut sans cesse chercher à faire mieux, à professionnaliser votre démarche, lire beaucoup, travailler la technique d’écriture comme un artisan apprend à utiliser ses outils, donner à votre livre une magnifique couverture, fixer un prix de vente attractif, faire une promotion la plus large possible. Encore une fois ce sont des conditions nécessaires… mais pas suffisantes. Alors faites-le pour vous, en accord avec votre personnalité, sans vous renier. Rien n’est pire pour un auteur que d’écrire uniquement pour les autres en essayant d’adapter son écriture pour tenter de séduire le public.

Si le succès doit venir, il viendra. Et si ce n’est pas le cas, le plaisir d’écrire sera intact, vous connaîtrez la satisfaction d’un accomplissement personnel, du travail bien fait, vous ne finirez pas aigri et continuerez d’écrire pour vous.

Et puis qui sait ? peut-être qu’avec votre prochain livre tout sera différent…

  

2) Il ne faut pas surestimer l’importance de la promotion

 

Je sais que cela peut sembler aller à l’encontre d’une vérité bien ancrée dans les esprits : « sans promotion pas de succès ». De plus cela semble contredire mon discours par ailleurs, puisque j’insiste depuis longtemps sur la nécessité pour les autoédités de professionnaliser leur démarche au niveau de l’écriture et du marketing, notamment à l’aide de nos fiches conseils.

 

Pour éclaircir cette contradiction apparente, je prendrai l’image d’un feu que vous voulez allumer. Pour y parvenir, vous n’allez pas essayer d’enflammer directement une buche ou un tronc d’arbre avec votre allumette, ça ne fonctionnera jamais. Vous disposerez donc d’abord du papier journal, puis au-dessus des brindilles, du petit bois, des pommes de pin, etc. Votre feu partira doucement et si vous l’avez bien préparé il grandira à son rythme. Une fois les conditions réunies, après un certain temps, alors seulement les buches s’enflammeront à leur tour.

Ensuite, pour qu’il devienne un grand brasier il faudra que certaines conditions supplémentaires soient réunies : terrain favorable à la propagation du feu, faible humidité, vent… Le succès de l’opération ne dépendra pas que de vous mais aussi des conditions extérieures sur lesquelles vous n’avez aucune prise. Si, et seulement si, toutes les conditions adéquates sont réunies, il s’autoalimentera, s’étendra de plus en plus vite jusqu’à prendre une ampleur qui vous dépasse, que vous ne contrôlez plus, en recouvrant des territoires immenses.

 

En tant qu’auteur, votre rôle est de préparer les brindilles, le petit bois et les pommes de pin, puis de craquer l’allumette. Ensuite, souffler régulièrement dessus pour l’aider à partir. C’est à cela que sert votre travail de promotion. Pour que le brasier du succès prenne corps, il faut ensuite qu’un certain nombre de conditions soient réunies, que l’alchimie fonctionne, et je le répète : cela ne dépend pas de vous.

 

J’aime bien ces vers du poète latin Terentianus Maurus : « Les livres ont les destinées que leur fait, d’après ses idées et ses goûts, celui qui les lit. »

  

Ce qui dépend de vous

 Il faut d’abord un excellent livre. Je ne m’étendrai pas ici sur ce point que j’ai déjà développé auparavant (voir le chapitre Ecrivez un excellent livre, puis… un autre !). C’est la condition sine qua non du succès, de loin la plus importante.

 

Mais il est bien évident que vous aurez beau écrire le meilleur livre du monde que tous les lecteurs attendent, si vous n’en parlez jamais à personne et ne faites rien pour le faire connaître, il restera à jamais anonyme

 

Vous devez donc disposer le petit bois et craquer l’allumette, mettre en place les conditions de base du succès en effectuant la promotion basique et incontournable que requiert chaque produit lancé sur le marché : couverture attrayante, prix attractif, blog personnel, réseaux sociaux, contact de blogueurs, participation à des forums et communautés autour de sujets en rapport avec vos livres, périodes de promo sur les prix… Cela est chronophage et vous devez y passer du temps, en autoédition c’est indispensable.

 

Notez que si vous publiez au format papier (ce que je vous conseille), cela vous permet d’organiser des dédicaces en librairies et de participer à des salons du livre. Dans ce cas les ventes sont relativement régulières et assurées, pour peu que vous vous y preniez comme il faut (voir nos fiches conseils à ce propos). Les ventes sont alors relativement proportionnelles au temps passé à dédicacer. En vous y prenant bien vous pouvez vendre ainsi plusieurs centaines de livres papier par an. Cela ne permet pas de déclencher un succès de grande ampleur, mais c’est une approche très pertinente pour augmenter les ventes et faire de la promo, tout en rencontrant des lecteurs.

 

Ce qui ne dépend pas de vous

 Pour déclencher un brasier, il faut un terrain et une météo favorables. S’il n’y a pas de bois aux alentours ou si la pluie tombe, votre feu ne partira pas et vos efforts n’y feront rien. Pour un livre c’est pareil, à la différence près que la météo des livres est impossible à mesurer ! Un livre à succès, c’est non seulement un excellent livre, mais aussi un livre publié au bon moment, au bon endroit, dans un contexte favorable. C’est un livre qui aura un petit quelque chose qui touchera les lecteurs au plus profond. Un livre qui aura attrapé quelque chose de son époque. Personne n’est capable de mesurer si toutes les conditions sont réunies, même pas les professionnels les plus expérimentés. Cette part de magie fait aussi la beauté de l’édition !

 

Une question de rentabilité

Ce qu’il faut retenir, c’est que, oui, votre travail de promotion régulier est indispensable pour donner à votre livre ses chances de succès. Mais pour autant ne vous imaginez pas que le succès ne dépend que de vous et de votre acharnement à le promouvoir.

Si c’était le cas, soyez sûr que les éditeurs embaucheraient des armées de commerciaux et des as du marketing. Si c’était le cas, ils déploieraient des trésors d’inventivité et d’énergie pour chaque livre publié. Ce n’est pas le cas, au contraire les auteurs se plaignent de plus en plus que leur éditeur ne s’occupe pas de leur livre…

 

Le gros problème avec la promotion, c’est qu’elle n’est plus rentable au-delà d’un certain seuil. Vendre c’est bien, mais si le budget de promo vous coute plus cher que ce que rapportent les ventes additionnelles générées par cette promo, vous perdez de l’argent. Si vous dépensez 100€ de publicité et que cela vous rapporte 20 € de ventes, ce n’est pas rentable (ces chiffres ne servent qu’à illustrer mon propos mais vous avez compris l’idée). Or c’est exactement ce qu’il se passe avec les livres. C’est pourquoi seuls les auteurs déjà célèbres bénéficient de campagnes publicitaires importantes, car des dizaines de milliers de ventes sont assurées du simple fait que leur nom figure en couverture.

 

Si vous effectuez la promo sans dépenser d’argent mais uniquement en y passant du temps (en tant qu’auteur indépendant c’est souvent le cas), le même raisonnement s’applique : si vous passez un mois entier à temps plein à faire de la pub et que cela vous fait vendre 30 € de livres, vous aurez rapidement le sentiment de perdre votre temps.

 

Un budget de base pour amorcer la pompe et sortir le livre de l’inconnu, oui. Du temps passé à promouvoir vos livres, oui. Mais le nombre de ventes ne dépend pas directement ni proportionnellement de l’argent et de l’énergie que vous déploierez.

 

C’est pourquoi il ne faut jamais emprunter d’argent. Gérez votre budget d’autoédition « en bon père de famille », avec prudence, attendez d’avoir vendu et réinvestissez le produit des ventes, pas plus. Si vous avez les moyens, vous pouvez bien sûr tester des produits publicitaires, cela ne fera pas de mal, mais ne vous imaginez pas que cela permettra forcément de booster vos ventes en proportion et immédiatement.

 

Si vous vendez peu, ne vous imaginez pas que cela provient forcément d’un manque de marketing. A la place, assurez la promotion de façon professionnelle, avec régularité, faites ce que vous pouvez, mettez un maximum de chances de votre côté. Pour le reste… votre livre vivra son destin !

 

Le temps joue pour vous

Rappelez-vous également que le succès arrive parfois au second, voire au troisième livre publié. Ne soyez pas trop pressé, vous avez le temps, continuez d’écrire le meilleur livre possible et ne soyez pas obsédé par la promotion. Devenir un auteur qui vend, c’est souvent un travail de longue haleine qui donne des fruits sur une période de plusieurs années, après plusieurs livres publiés. Avec l’impression à la demande et le livre numérique, vos ouvrages sont disponibles en permanence à moindre frais, voire gratuitement. Cela vous permet de jouer sur le long terme, de vous construire un nom, de fidéliser vos lecteurs au fil du temps, d’entretenir des relations avec eux sans vous presser et sans vous « griller » parce qu’ils sentiront que vous êtes intéressé. Si vos livres touchent les lecteurs, vous finirez toujours par vous constituer une base de fans qui augmentera régulièrement.

 

Profitez pleinement de la liberté de l’autoédition

N’hésitez pas également à modifier des éléments de votre livre pour faire des tests : changez la couverture, le texte de présentation et voyez si cela impacte les ventes. Profitez pleinement des possibilités offertes par le numérique et l’impression à la demande. En plus c’est gratuit ! Un des grands avantages de l’autoédition est que vous avez la main complète sur votre livre, vous pouvez modifier tout un tas de choses vous-même facilement. Vous n’avez pas un éditeur à qui vous devez justifier ceci ou cela et qui vous imposera une inertie au changement, voire même un refus. Je trouve que les auteurs ne tirent pas suffisamment parti de la liberté qui leur est offerte. De nos jours, un livre n’est plus un objet figé comme cela a été le cas durant des siècles. Vous pouvez le faire évoluer, procéder à des ajustements, à des tests… profitez-en !

 

Jean-Yves Normant

Fondateur de Bookelis



Calculez le prix d'achat de votre livre

Nombre de pages
Couleur d'impression
Noir et blanc
Couleur
Format d'impression
A partir de
Grille des remises
Une question ?
0,09€ TTC/min
0820 25 36 25